Il m'arrive, lors des vernissages d'artistes, d'écrire et de déclamer des textes poétiques en fonction des toiles  ou photographies présentées. En voici quelques uns...

P.S : Ne pas utiliser ces textes sans en faire la demande par le Formulaire de contact  se trouvant dans la colonne de gauche. Merci

"FEMMES SACREES" tableaux de Caroline Manière ; textes de Nathalie Dhénin.2017

Site web de l'artiste peintre Caroline Maniere: http://carolinemaniere.com/

 

 

 

 

 

1.Demande à l’univers

 

 

Diffusée aux quatre axes du globe

La force de l’épicentre de la femme oiseau

Fait tournoyer les éléments en continu.

 

De la ligne médiane de son corps

A chacune de ses expirations

S’échappent les prières de ses contemporaines.

 

Femme enchanteresse

Qui demande à l’univers

D’écouter les suppliques de ses sœurs de lait.

 

Dame unie aux cycles lunaires

Les constellations valsent jusqu’à ses songes

Pour répandre leurs félicités.

 

Par les sons mêlés des musiques de son corps

Retranscrits au rythme des tambours

Elle répand une floraison de grâces.

 

De son corps aux mouvements lascifs

Elle ancre les béatitudes au sol qui allègent les pas

De ses compatriotes des joies et des peines.

 

Aucune demande à l’univers n’est vaine.

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.Nous sommes des êtres multidimensionnels

 

 

Voguer dans le passage d’une vie                 

Héritée de destins ascendants,                        

 Et s’abreuver de paramètres inconnus.

 

Le méridien des anciens

Traverse les paumes de nos mains

Du centre de la terre à la Lune.

 

Leurs mouvements philosophiques incessants

Traversent nos existences

Disséminant ici et là, talent ou étrangeté.

 

Aux esprits téméraires,

La découverte d’autres lignes générationnelles,

Modifie leur parcours initial.

 

Aux apparences parfois trompeuses de nos êtres,

S’affirme la force des transmutations imprévues.

 

Nous ne sommes pas que talent ou étrangeté.

 

 

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3.La vraie réussite est celle du cœur             

 

 

A trop vouloir décrocher l’astre de la nuit

Certains y sont restés suspendus,

Leur quart d’heure de gloire en poche.

 

Le retour du soleil,

Accompagne leur ultime désir

Sur la face cachée de la lune.

 

Que chaque jour les imprévus de la vie

Soient au rendez-vous de nos attentions,

C’est le cadeau d’un ciel lumineux.

 

Nos pas se régénèrent

Au gré des allures qui nous entourent

A chacun son rythme.

 

Et de toutes les chimères à explorer

Celle du cœur est la plus périlleuse.

 

Réussir un chemin de cœur est offrande de vie.

 

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4. La médecine de la tortue

 

 

Toutes les vulnérabilités des chairs

Se rassemblent en une carapace d’espérance.

 

L’affection ralentit le pas des créatures ordinaires

Et les contraint à un autre sens.

 

Le pas long et hasardeux de la tortue

Au ras des végétaux

Est la source d’un autre monde.

 

Sa médecine ancestrale

Point d’ancrage méditatif

Offre des chemins de traverse.

 

De toute son éternité

La tortue allie la terre et la mer.

 

De nos pieds à nos bronches,

Elle dépose une écaille sur nos maux,

Qui devient un galet de chaleur.

 

Plus loin que nos vies terrestres, la tortue va.

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5.La turquoise pierre de protection

 

 

Fissuré d’éclairs de grâce

crevassé par les siècles

ce bleu inclassable,

ni ciel, ni mer,

est sel de protection.

 

Imperméable aux chagrins

imperturbable aux excès

ce bleu ornemental,

ni animal , ni végétal,

est l’encre des pharaons.

 

Sublimé par l’argent

adouci d’or

ce bleu ancestral

ni mâle, ni femelle,

est au médian des conflits.

 

Il est la pierre qui relie l’humain et le cosmos.

 

 

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6.La médecine du hibou

 

Seul révélateur des vérités cachés aux simples,

Il siège sur l’épaule des femmes sages.

De ses yeux perçants,

il fait baisser ceux des charlatans.

 

Seul à parler aux esprits de la nuit,

Son silence est poudre de sommeil.

De ses ondes nocturnes,

il distille ses messages dans l’art des rêves.

 

Médecin des âmes

Ses griffes déchiquètent les mauvais regards.

Maître des sons,

Il est l’enchanteur des illuminations secrètes.

 

De ses plumes trompeuses, tout chatoiement est un leurre.

 

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Je porte mes désirs

 

 

De mes hanches s’échappent

toutes les évolutions,

toutes les impermanences,

toutes les transmutations

De la spirale de la vie.

Et en ma poitrine,

j’entretiens mes inclinations

vers ces amours universels.

Loin des ambitions des êtres de l’ignorance,

loin des vindictes de la mondialisation.

Au plus près de nos libertés

s’échappent les effluves de jardins suspendus.

 

Nathalie Dhénin

Textes poétiques écrits lors du vernissage des "peintres du SAVS" de l'ADAPEI de l'Oise à la Maison du Conseil Général de Compiègne le 14.03.2015  . leur site web : www.adapei60.com

Le service d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) de Compiègne est un établissement de l'ADAPEI60, une association au service des personne en situation de handicap mental . Un atelier peinture est mené  au SAVS. Les personnes qui composent ce groupe ont exposées leurs toiles à la Maison du Conseil Général de Compiègne, car elles étaient prêtes à "OSER".        Je les encourage à peindre encore et encore...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un tableau de champignons

 

 

 

On la pensait belle et sauvage la forêt.

 

Une seule promenade suffit  pourtant

pour découvrir

entre les souches centenaires

des lianes de plastique vert,

des bidons de peinture acrylique,

les restes de champignons décorant

nos bûches de fin d’année.

 

Mais tout ce qui devait se décomposer dans cette forêt

à la fin du vingt deuxième siècle,

atterrit entre les mains d’un créateur de notre temps,

libérant ainsi les souches de leurs détritus.

 

Il a crée une toile originale,

apportant quelques notes joyeuses

à nos murs bien trop jeunes encore

 pour connaître

les lianes végétales de nos forêts millénaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un dragon ça n’existe pas

 

 

Un dragon ça n’existe pas.

Ils peuplent pourtant

les recoins de nos rêves

les livres de nos légendes

les portées de nos chants.

 

Non, un dragon ça n’existe pas.

Pourtant des moutons, oui !

certains se cachent sous les lits

d’autres au dessus des armoires

même sous les bureaux.

 

Non, un dragon ça n’existe pas.

On a juste parfois une araignée dans la tête,

des fourmis dans les jambes,

et la chair de poule…

 

  Un dragon avec une langue de feu,

qui a dit que ça n’existe pas ?

On reçoit bien nous 

des coups d’électricité  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois fleurs

 

 

 

Il aura suffit de trois coups de pinceaux

sur un mur blanc

pour faire apparaître

trois graines

aux couleurs primaires,

reconnaissables dans toutes les cultures,

compréhensibles  dans  toutes les langues.

 

Il aura suffit de trois pousses,

disséminant

leurs poudres colorées

pour que nos vêtements

pareils aux murs blancs

s’égayent de fleurs chatoyantes

et investissent nos fibres textiles.

 

Il aura suffit de trois fleurs

enfin,

pour voir la vie en couleurs !

Texte poétiques écrits  pour les photographies de Mme Dominique Jore, photographe animaliere de l'Oise. Vernissage du 7 Février 2015 à la Maison du Conseil Général de Compiègne.

Ce qui me pousse à faire une exposition animaliére,c' est de pouvoir partager mon travail photographique en 

qualité d amateur et la passion que j aie pour la faune qui peuple notre département.
J'espére que le grand public et les enfants qui viendront voir cette exposition auront un autre regard
sur la faune qui nous entoure.
Peut etre que certains d entre eux deviendront à leur tour des passionnés de la photo animalières
et de l 'observation de la faune libre et sauvage     
Dominique Joré

Un champ de blé


 

C'était le temps

d'un blé tendre

s'élevant vers l'infini des cieux

vers l'espoir de récoltes.

 

C'était le temps

d'un réconfort d'été

proposant aux hommes de se coucher à l'aube,

vers des lendemains joyeux.

 

C'était le temps

d'un autre temps

protégeant les bêtes

auréolés de bois . 

 

 

Ce temps là,

c'était

avant que les blés ne se couchent

avant le départ des bêtes

avant que le froid ne les repoussent

au fin fond des forêts

renouant ainsi avec leur animalité primitive

loin des hommes.

 

 

Rouge-gorge


 

on guettait

sa rouge de gorge

sans relâche,

de nos regards avides de capturer

une tâche rouge ensorcelante

sur un lit de neige.

Mais lassé

de jouer les lettres écarlates,

sa rouge de gorge ,

insidieusement à nos yeux

a disparu des blancs manteaux de l'hiver,

n'y laissant plus que les pies de Monet.

On guettait toujours son vermillon de gorge

sans relâche.

On a crû à un caprice de la nature,

mais d'autres ont croisé

au rouge des forêts

 son ocre de gorge,

se fondant aux grisés des souches

aux bruns des feuillages.

Un jour peut-être

sa gorge se fera

neige Kilimanjaro

bleu tibétain

Rose Indien

Vert Caraïbe

 Quelques grammes emplumés

nargueront toujours

 l'Icare caché en nous.



Zigenes

 

 

 


 

 

Le créateur du mauve

n'y a vu que du feu,

émerveillé des soieries parme

d'une simple sphère de pétales,

le mauve

n'existant que par les verts aveuglants

qui le cercle,

ne s'est pas méfié.

C'est à l'arrivée de deux zygènes effrontées

qu'il a pâlit.

Insectes aux élytres de corail

imprégnées d'un bleu de Zeus.

Les mauves et corail

se repousseront-ils?

 s'épouseront-ils ?

Sous le regard médusé d'une boule de coton ?

éternelle palette immaculée

des créateurs en mal d'impressionnisme.

 

Nouvelles Pâques


 

Au petit matin

il prit l'enfant par la main

jusqu'au potager.

C'était  jour de Pâques.

l'enfant dans les choux,

y  trouva un oeuf tout rouge.

Avançant entre les hautes feuilles

l'enfant y a attrapa

une longue oreille.

Depuis ce jour,

l'enfant sait

que les œufs de Pâques

sont couvés

par les lièvres à Betterave !

 

Textes poétiques pour les installations de Ludovic Duponchelle lors de son vernissage à la Maison du Conseil Général de Compiègne le 15 Novembre 2014.

Pour l'ensemble des toiles du hall d'accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A première vue

de grands formats

des lignes

des teintes

des cadres.

 

A deuxième vue

d'un peu plus près

de la lumière au creux des lignes

des paillettes qui rehaussent les couleurs

du noir aux baguettess.

 

A troisième vue

celle du trosième oeil

un début de mouvement hypnotique

un vague soubressaut sur le hamac des lignes

et c'est là le vrai début du voyage.,

où l'on se prends à rêver

à d'autres dimenssions que la nôtre.

 

Se pourrait-il qu'au coeur de ce maillage taggé,

agisse un plan invisible ?

Révélant des connexions d'ailleurs,

mutidimensionnelles ? 

 

 

La troisième vue,

est bien celle

de la quête de ce médium d'artiste,

qui distille inocemment

le plan kaléïdoscopique

des points d'impacts

d'étoiles filantes.

 

 

 

 

 

 

Le mur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mur est tombé.

 

Léché par tant d'affiches

Assourdi de grandes lamentations

Fissuré par les affichettes des disparitions

Eclaté par les marteaux piqueurs

des klaxons urbains

Usé par le cloisonnement des apartheids.

 

Il est tombé.

 

Il aurait pu être muré

dans les cathacombes de l'histoire,

mais Le peintre l'a tant et tant tagué,

de mille couleurs

que les débris de toutes nos histoires

sont devenus

de nouvelles pièces de légo,

soutenant les verrières amovibles

de nos liens interculturels.

 

Deux petits poissons ...

 

 

 

Arrivant tout droit

de chez le poissonnier,

évitant de peu

la guillotine de ses couteaux,

ils ont débarqués ici

de bon matin,

frétillants de la queue

tout en se roulant des bulles

à qui mieux mieux.

Installés confortablement

dans un haut bocal

agrémenté de fleurs exotiques,

ils baillaient à n'en plus finir.

 

Jusqu'au moment

où ils ont vu,

les bombes de peinture toxique,

les massues servant

à déboulonner les gratte-ciels,

les projections  de peinture sur les murs.

 

 

 

Alors se serrant les nageoires,

ils ont sauté dans le bocal à idées d'une femme,

pensant y trouver quelque réconfort,

mais bientôt,hélas,

ils ne seront plus

que peaux de bête

Galuchat * vendu à prix d'or

pour recouvrir

le corps de la belle d'écailles phosphorescentes.

 

Leur chair rose décorant

quelques petits fours du buffet.

 

Déjà, ils sont remplacé par d'autres,

je serais eux,

j'en profiterai bien ,

le nouveau buffet est annoncé !!!

 

 

 

 

*Le galuchat (1755 galucha, de Jean-Claude Galluchat, nom de l'inventeur, mort en 1774)1 est un cuir de poisson cartilagineux (de raie ou de requin) utilisé depuis longtemps enébénisteriegainerie, et plus récemment en maroquinerie.

Textes poétiques pour les photographies de CLEMENT MAY lors de son vernissage à la Médiathèque de Margny les Compiègne le 6 Novembre 2014.



Iris

 

 

Pourtant porteuses de mille feux

là, charbonneuses,

les veinures d'Iris

supportent laborieusement

d'infinitésimales gouttes de pluie

essorées par nos lavoirs industriels.

L'eau , manquant,

les pellicules sont sorties

des chambres noirs,

éclaboussant les Iris

de leurs monochromes,

ne laissant apparaître que l'essentiel  ;

des lignes de vie bouturées

sur des langues fleuries.

 

 

Les trois grâces

 

 

 

 

Ne pas toucher !

Il y a pourtant bien un panneau

sur lequel est écrit :

ne pas caresser !

De crainte que les grâces

ne se réveillent ?

Venues de l'antiquité,

elles seraient alors étonnées

de nous voir ainsi accoutrés,

et outrées,

s'engrisailleraient de nouveau

sur leur bas-relief.

C'est ainsi qu'une main secourable

couvre leur nudité

d'un voile de plexiglas,

les cloisonnant définitivement

loin de nos regards impudiques.

 

Textes poétiques pour les tableaux de Lahouri  Benata lors de son vernissage à la Maison du Conseil Général de Compiègne le 4 Octobre 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

Evaporation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De miettes en souffle d'inspiration,

le sable s'est évaporé

aux entournures des cadres.

Seul le khol noir

teinte l'intensité du regard

des créatures du désert,

qui toisent le soleil

d'égal à égal.

 

Peu importe l'endroit

où les hommes instalent leurs tentes,

peu importe la couleur du sol

où les femmes réchauffent les graines dorées.

Peu importe les tissus

sur lequel les enfants apprennent à coller

les soixantes-dix couleurs du sable.

 

Sur une terre ronde

même lorsque le sable s'échappe des cadres,

il en fait le tour

et nous relie tous,

dans un même nuage d'encre noire.

 

 

Nathalie Dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tempête de sable

 

 

Loin, loin est la tempête de sable.

Elle se repose sur des dunes de fortune,

façonnées par le passage des caravanes.

 

Tout ici respire l'ocre des terres de sable,

même le ciel se pare des ors de ses cristaux,

même l'air, trop lourd de ses poussières

ferme la parole des hommes,

derrière les sarouels.

 

C'est ainsi qu'aux pieds des dunes,

la seule fortune des hommes

se nomme oraison silencieuse.

 

D'un cavalier à l'autre,

sous le crissement du sable

s'échangent

les paroles de sagesse

d'un Khalil Gibran.

 

 

 

 

 

Nathalie Dhénin

Texte poétique écrit pour les dessins à l'encre de FARAH EL ALI, lors de son vernissage à la Maison du Conseil Général de Compiègne .



Pour l'ensemble des oeuvres de FARAH EL ALI

 

 Le 13 septembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier trait d'encre noire,

a déposé,

sur la feuille murale,

un rehaut d'ombre porté.

 

Sur les façades

la vie des autres,

derrière la plume,

réfléchit le quotidien passant.

 

Des tours et donjons,

l'encre chantourne

quelques têtes de dragons,

tenues en laisse

par les chaînes dessinées

puis devenues invisibles

par les gommes essuyées

de nos imaginaires.

 

Si vous pensez

que les branches sagement esquissées

ne sortent pas du cadre,

détrompez-vous;

happées par le souffle de l'artiste,

1

elles se transforment

en bois précieux,

que le cintre de la création

enserre d'un caoutchouc flexible,

recyclage festif

de la sève de l'hévéa des villes.

 

L'artiste

a même poussé sa mine

entre les pavés,

en a fait surgir

un élevage

de vers à bois

et dessin après dessin,

réunis les fils récoltés

en mines de charbons

en mines de crayons

en mines de plomb

qui mine de rien

mine nos mires colorés

en écran noirs et blancs.

 

Et si vous pensez

que les passage piétons

sagement esquissés

ne sortent pas du cadre,

détrompez-vous;

2

happés par le bout du bouleau du crayon,

ils vous invitent

à dessiner le reste de leurs zébrures

bien après la feuille,

sur le mur de l'exposition.

 

n'oubliez pas alors

de signer votre passage

sur le papier peint,

pour le collectif

de la rentrée des artistes !

 

 

 

 

 

 

 

Nathalie Dhénin

Textes poétiques écrits d'après les oeuvres de Pascal CATRY, "plasticien-zingueur" lors de son vernisssage à la Médiathèque de Margny les Compiegne le 13 Juin 2014.

http://pascalcatry.jimdo.com

Terre de feu

 

 

Figé,

L’artiste zingueur,

Alchimiste à ses heures

Oubliées de notre temps,

L’a figé.

 

Lors d’un heureux hasard,

Il a croisé l’azote et le fer,

avec un cuivre indomptable.

 

Puis le feu  jaillit,

En une fraction d’uranium

Enfermé dans la main,

Du zingueur allumé,

Avant qu’il ne le fige.

 

Figé,

L’artiste zingueur

L’a figé,

Ce feu à présent maîtrisé,

Rien que pour nos yeux.

 

 

 

 

Terre neuve

 

 

Enfin !

 y être arrivé,

fouler cette terre

de sable crayeux.

 

 

Enfin !

s’y sentir libre,

d’y poser

des envies cotonneuses.

 

Enfin !

se laisser ensevelir

par des pluies soyeuses.

 

Enfin !

y être arrivé,

sur cette terre promise,

sans se retourner

sur cette guerre,

dont nous sommes nés.

 

 

 

 

 

Nathalie Dhénin

13.06.2014

Textes poétiques pour les photographies d'Alain CORDINA exposées à la Maison du Conseil Général de Compiègne en Mai 2014.

En la présence de Mr François Ferrieux, Conseiller général de l'Oise.

C’est dans la chambre noire d’un père instituteur et photographe amateur que, vers l’âge de 10/12 ans, la vision de l‘image argentique a déclenché une passion qui ne l’a plus quitté depuis.

Alain Cordina  pratique le numérique depuis 6 ans sans pour autant avoir abandonné totalement l’argentique N&B.

Ses autres passions sont la lecture et les voyages.

Touche à tout de la photo, ses sujets de prédilection restent néanmoins le reportage où l’humain tient une place prépondérante.

 

 

Premier accord

 

 

Premier accord

du dernier des cow-boy,

au fin fond d’un village gaulois .

 

Premier bourbon

à la dernière heure du jour,

sous d’artificiels néons blafards.

 

Premier blues

du dernier danseur de « Techno »,

au milieu des pas chassés de Cow girls.

 

Country Blues …

 

C’est ce qu’il chante , Johnny :

« toute la musique que j’aime 

elle vient de là,

elle vient du blues… »

 

 

 

@nathalie dhénin

 

 

Danseuses

 

 

Sur l’asphalte des Rois

les santiags

se font pas chassés,

les jupons

se font tulles croisés,

les ceinturons

se font boucles sautillées,

les blondes

se font chanteuses peroxydées,

les cigarillos

se font Harley Davidson  allumées.

 

Et les gamins,

les autochtones, là,

se voient remplacés

de la place de leur village,

par d’étranges camions peinturlurés.

 

Et au petit jour

 Ils se font ramasseurs,

de danseuses épuisées,

sur les parquets de danse,

remake

« d’on achève bien les chevaux ».

 

 

 

 

@nathalie dhénin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Populaires

 

 

Populaires,

les banques le sont

Sous les arcades moyenâgeuses de Mirande.

 

Derrière les vitres d’accueil

blindées de caméras,

au guichet automatique

deux cow boys anonymes,

Traders d’un jour,

Retirent leur dernier dollar,

Leur dernière chemise.

 

Populaires,

 les festivals le sont,

Jusqu’à leur dépôt de bilan.

 

 

 

@Nathalie Dhénin

Textes poétiques  déclamés pour les photographies de Laurent FRASIER lors de son exposition à la Maison du Conseil Général de Compiègne en Février 2014. En présence de Mr Bertrand Brassens.

Le Hourdel

 

 

Chaussures déposées,

Au bord d’un précipice

Caillouteux.

 

Abandonnées,

Au bord de la civilisation.

 

Vestiges antiques

Au bord de rigoles tourbillonnantes

Prémices des grands fleuves.

 

Au delà des dépôts de sable

D’autres empreintes

Qui, à saute îlots,

Rejoignent

Les silhouettes

D’outre liberté.

 

Au bord des fleuves,

Prémices tourbillonnants

Des grandes marées.

 

 

 

@Nathalie Dhénin

La nouvelle écluse

 

L’arcane métallique

à  rondeur d’eau,

Tourbillonne au dessus des remous de l’écluse

Qu’elle pense dompter.

 

 

Au dessus de l’arcane

Quelques nuages

A tête d’ange,

Tourbillonnent au dessus

De ces claquements élastiques

Qu’elle pense camoufler.

 

Au dessous de tous

Quelques promeneurs

A l’œil numérique,

Tourbillonnent à travers eux

Saisissent leur essence tellurique,

A coup de pixels.

 

 

 

@Nathalie Dhénin. Février 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chaise

 

 

 

Il est venu

l’a attendu

sous les zébrures du feuillage.

 

Il l’a attendu

elle n’est pas venue,

la petite fille au ballon.

 

Elle a préféré écouter

les silences et les pauses

de la petite musique

du kiosque.

 

Plus loin,

la chaise

est restée vide,

le grand-père est parti.

 

 


 

@Nathalie Dhénin. Février 2014

 

 

 

 


L’allée au château

 

 

 

A flanc de rempart,

lorsque la neige

efface toutes traces d’urbanité,

les arbres ploient.

 

Leurs feu-follets de branchailles glacées

renvoient les miettes floconneuses

au frontispice des grilles.

 

Aux déambulateurs heureux

 du dimanche,

s’oppose le crissement

de leurs pas.

 

Histoire de s’aligner

aux traces d’humanité

des arbres protecteurs.

 

 

@Nathalie Dhénin. Février 2014

 

 

 

 


Textes poétiques d'après les photographies de Mr Jean-Pierre Darchis, écrits lors de son vernissage à la Maison du Conseil Général de Compiègne. Le 4.01.2014

Ce photographe ( ancien Microbiologiste au Centre Hospitalier de Compiègne) fusionne avec deux anciennes passions : la peinture et la photograpie. Sa démarche correspond à une recherche esthétique et poétique qui se poursuit et qui évolue depuis des années.

L'ensemble de son travail s'inspire directement des quatrains du poète persan Omar Khayyâm.

N°8 de jean-Pierre Darchis               Asphaltes etc…

 

 

Sur l’asphalte de nos songes

quelques traces de sel d’une mer de sérénité.

 

Sur l’asphalte de nos allées et retours urbains

quelques traces de sable des bâtisseurs.

 

Sur l’asphalte de nos routes de vie

quelques traces de résidus émotionnels.

 

Et déposé à l’envers du ciel,

Un pétale de rose

D’un ailleurs merveilleux

 

Trace d’une rose d’Orient

Qui réitère le parfum

Des vœux de l’année.

 

 

Texte de Nathalie Dhénin

 

 

 


 

 

N°14 de Jean-Pierre Darchis

 

A vents ouverts,

une envolée de papiers,

déchiquetée

par le  broyeur universel.

 

Un monceau de clous

ne suffira pas à les fixer.

l’un s’arrachera

l’autre s’agglutinera

à un comparse,

en un quadrille

démultiplié de punaises.

 

Mots aimantés,

mots épluchés

mots codifiés

mots puzzle

dont chacun se ressert

pour  réinventer

 ses lettres de noblesses.

 

Texte de Nathalie Dhénin

 

 

 

 


 

 

 

N° 28 de Jean-Pierre Darchis

 

 

Parcelles de paille,

enchevêtrées

Par dessous

nos mémoires.

 

Remaillage

 de fétus de neurones.

Une maille à l’endroit

et l’instant se tricote,

une maille à l’envers

et le passé se dissout

dans l’un des tiroirs du temps.

 

Une maille prise

 à une maille du hasard,

et nos possibles se trament

 de jours poétiques.

 

 

Texte de Nathalie Dhénin

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N° 32 de jean-Pierre Darchis

 

Un quatrain de poteries

comme un quatrain d’Omar kharyam,

aux vers ébréchés

aux terres persanes

aux multiplications de récipients

à se nourrir de l’eau de là.

 

Un quatrain de poésies

aux camaïeux de terre

sans aucune étiquette

sans aucun code barre ,

dans un fatras de vie

où il fait bon de prendre le temps

de redécouvrir

le printemps d’un poète

dans un carré de glaise.

 

 

 

Texte de Nathalie Dhénin

 

 

 

 


Textes poétiques écrits pour l'ensemble des oeuvres du collectif " Picardie For Ever" pour les oeuvres d'Aurélien Garcia, Marina TaIieb, Stéphane Holzer, lors du vernissage du 12 .12. 2013

Table de bistrot

 

 Tables vissées

  sur des pieds forgés,

elles en ont vu,

des verres et des pas sûrs.

 

Scotchées aux bras des usagers,

elles en voient

des kleenex un peu trop murs

et des pourboires catapultés.

 

Arrosées de Beaujolais,

elles en verront,

des larmes de crocodiles,

des réconciliations,

et elles vont la sentir,

Bientôt,

La nouvelle taxe !

 

 

 

@nathalie dhénin.12.12.2013

 

 

 

 

 

 


FAUTEUIL

 

 

 

Sa peau s’est plissée

sous les rudesses des embruns

 

Ses bras se sont élevés,

A force d’être caressés, griffés, enserrés.

 

Ses courbes se sont brossées,

sous les cuirs frileux.

 

Son assise s’est polie

sous les confidences plurivalentes.

 

Son dos s’est cérusé

tant il en a lové

des petits d’homme

 tourneboulés en escargots.

 

Jusqu’en son cœoeur ,

qui s’est creusé

à en apercevoir

l’envers du décor.

 

Ce bois flotté,

ancré dans nos réalités,

l’assise de toutes nos vies.

 

 

@nathalie dhénin.12.12.2013.

 

 

 

 

 


14 CADRES

 

 

140 000 arbres

14 000 toiles d’araignées

4000 sentiers

400 plumes de roseaux

40 pédalos

4 trains

seulement 1 château

le tout dans 14 boîtes

pour 3 portions d’artistes !

 


@nathalie dhénin.12.12.2013

 

 

 


Textes poétiques écrits pour les oeuvres de l'artiste peintre Déborah Edwards.Novembre 2013

PASSERELLE

 

 

Certains témoins de passage

Se croisent

Parfois

Se décroisent

Aussi

Au gré de leurs pensées .

 

Certains témoins de passage

Se donnent la main

Parfois

Jusqu’au bout du chemin

Aussi

Ils n’en attendent rien.

 

Sur la passerelle des relais,

Certaines gratitudes

Invisibles pour l’esprit,

Offrent autant de perles du hasard

Qu’une ondée de printemps.

 

 

@texte de nathalie dhenin


@tableau de Déborah Edwards

FRONTIERE

 

Sur l’échelle de son  destin,

la main posée sur l’ultime appui,

reprendre son souffle.

 

Avant de passer de l’autre côté,

de la frontière,

délester son cœur.

 

Au moment de prendre son envol,

vers son dessein,

regarder l’horizon.

 

Qu’elle soit dégagée ou saturée,

s’immerger dans cette  contrée inconnue,

s’élever alors plus haut ,

que son échelle ;

retombée sur l’antique sol.

 

 

@ nathalie dhénin

 

 

 

 

 

Improvisation et déclamation de poésie au vernissage de l'artiste-peintre Antonio Berrocal sur ses oeuvres le 15 novembre 2013

BESTIA

 

Dans quelle gueule fauve

L’artiste a t’il laissé des plumes ?

 

Sur quelle empreinte encore brûlante

De lui-même

L’artiste a t’il déposé ses outils ?

 

Sur quel océan pourpre de ses pensées

L’artiste a t’il gratté , scarifié,

Projeté ses envies ?

 

Sur quelle carré de la toile

L’artiste a t’il laissé sa signature ?

 

Regardez bien,

C’est là en bas

A droite

Sur le coin de son âme.

 

@nathalie dhenin

 

Paroles de pierres

 

Déboulantes

 

Arrogantes

 

Piégeantes

 

De quelle terre aride

Surgissent-elles ?

Ces pierres d’enfer ?

 

Battant un pavé si bas

Qu’elles s’en retournent

Dans les profondeurs du magma

 

Dégageant enfin le ciel

Et laissant leurs auteurs,

Froissés,

De leurs méfaits.

 

 

@nathalie dhenin

 

Traces

 

Un double T se trace

Comme un passage

A prendre deux fois ;

La première

Pour laisser

Un peu de flou artistique

La deuxième

Pour laisser

Derrière soi

Des pointillés de soie...

 

@nathalie dhenin

 

 

HAIKU

 

quelques lignes

à  la naissance des mots

inassouvies

 

 

@nathalie dhenin

Texte de la Poète Joëlle Leclercq

VOICI UN TEXTE POETIQUE ECRIT PAR JOELLE LECLERCQ SUITE A SA LECTURE DE " TISSAGES "  que j'ai écrit et qui a été édité aux Dossiers d'Aquitaine en Mai 2013 et présenté ci-dessous.

 

 

Aux tissages de Nathalie

Tissages de mots

Mots séducteurs aventuriers

Qui vous emportent

Au creux du rêve

De la beauté

De l’imprévu

 

Aux tissages de Nathalie

Tissages-dessins

Dessins doux, fins et jolis

Qui vous emportent

Au creux du rêve

De la beauté

De l’imprévu

 

Aux tissages de Nathalie

On flâne ainsi

En réflexion et découverte

" Imprégnées

D’empruntes de miettes

De pattes esquissées"

 

Et l’on sourit

Les yeux attirés en plaisir

Aux tissages de Nathalie  

 

 

   (Joëlle LECLERCQ)  

Texte poétique pour l'oeuvre picturalle de l'artiste-peintre Bernard Tachefine

 


"Sous-bois c'est du boulot"

 

Flocons de neige fossilisés

Dans l’empreinte creuse du carbone

Cristallisation venue des cieux

 

Ecoutez le tintement léger

Des traces laissées par quelques fées

A l’encre tachetée de lucioles

 

Laissez-vous effleurer  par le vent

Le souffleur de ces mots de peinture

Dispersés au gré des vers lutins

 

Revenez  de cette promenade

Avec le cœur floconneux des elfes

Et votre nom gravé dans l’écorce

 

 

Nathalie Dhénin

2006

 

 

Texte "à l'envers de la nuit" interprété par le poète "Louis"

(cliquez sur le lien ci-dessous)

http://lespoetes.net/plpoeme.php?id=508

 

 

 

 

 

Textes poétiques pour les oeuvres de Wildine Charlemagne : www.wildinecharlemagne.com

 

 

 

 

Soul woman

 
Soul woman
D' une incandescente nuit
D'un lever de rythme
D'une enrobée lyrique
 
Soul woman
D'une platitude clarté
D'un coucher de scène
D'un coucher de voix
 
Soul woman
D'un gospel lancinant

@ Nathalie Dhénin

 

Œuvre N°17
 
 
Totems inversés
Mâle et femelle ,
Sous la lune de mire
Au  réveil
De  chaque commencement.

 
 
 
 

@  Nathalie Dhénin
Aout 2011

 

Œuvre N°3 de Wildine Charlemagne
 
 
Masque éventail
D'un carnaval oublié,
 
Avant que la terre ne s'ouvre
 
Masque illusion
D'un rêve manqué,
 
Avant que les plumes de peaux ,
 Rouges,
Pourtant englouties,
Ne s'élèvent  encore une fois,
Portées par le ressort des bons,
Au dessus des crevasses
De la nature.
 
 
 
 
@  Nathalie Dhénin.
Aout 2011.

Présentation du Livre "Haïga" de Ion Codrescu . Anthologie collective.2012

Cliquez sur le lien suivant afin de visionner le diaporama :

 

http://www.youtube.com/watch?v=s9mi7iHfe74&feature=share

 

 

 

 

Textes poétiques écrits sur les oeuvres de David Gore, Artiste-Peintre et Musicien.

http://davidgore.net

Flèche musicale

 

Du « moins » silencieux

A l’inverse augmenté

La flèche décoche

Aux creux des peaux de tambour

Des cernes de vitrail

D’invisibles notes…

 

De celles

Qui résonnent encore

Bien après le concert.

 

 

@ Nathalie Dhénin

 

Le manège aux éléphants

 

Bruissement de pavillons éléphantesques

Barrissement de ferraille réarmée

Inlassablement.

 

Troupeau de pachydermes

Encerclé

Par des miniatures d’hommes.

 

Hommes défenseurs de la traite d’ivoire.

 

Seul l’éléphanteau nu

Dénoue sa mère

De l’attache au manège

 

Et le troupeau entier

S’enfuit en un tremblement de poussière.

 

 

@ Texte Nathalie Dhénin

 


 

 

 

Panoramique

 

 Dans les lames

d’un Linceul de bois brut

Incrusté par les aïeux

Le feu renaît

Et attise

Le signe de la glace

Le signe du soleil

 

Autant de définitions

Du sens ultime

De la quête

du médium

 

 

@ Nathalie Dhénin